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S’écouter

Ne voulant pas reproduire les montagnes russes de 2021-2022 (aka. écrire en continu, publier peu après et s’arrêter totalement d’écrire pendant des mois et des mois), j’étais motivée à continuer dans ma lancée de l’écriture dès janvier.

Je ne voulais pas me reposer sur mes lauriers, regarder les ventes de mon dernier né (ma romance de Noël 2022) et rester passive… Le temps de me remettre de la fatigue mentale qu’a engendré le rythme « travail – gestion familiale – écriture/réécriture/préparation de publication » sur le dernier semestre 2022.

Je sais que si je m’arrête, j’ai du mal à remettre le pied à l’étrier, que cela me nécessite plus d’efforts que si je poursuis tranquillement ma route d’autrice sans discontinuité. Et puis, j’ai envie que la sensation de vide que j’ai ressenti en décembre s’efface pour de bon (le post-partum de l’écrivain).

Alors je me suis lancée sur ma dernière idée: une novella de Saint-Valentin. Car oui, là où je suis le plus efficace en annihilant la partie fortement procrastinatrice de mon cerveau est quand j’ai une deadline et une date de fin de planifiée. Pas n’importe laquelle: une deadline SMART : spécifique, mesurable, atteignable, réaliste et temporellement défini.

Ecrire une novella de 15.000 mots en un peu plus d’un mois et la publier pour la Saint-Valentin. C’était LARGEMENT SMART pour moi !

Tout va bien donc !

Mais en réalité, ce n’est pas le cas !

Premier grippage : comme à chaque fois que je me donne un objectif de mots, il est souvent dépassé (rappelons-nous de ma romance de noel qui devait faire 50.000 mots et qui en fait finalement 80…). Ca n’a pas loupé. De 15.000 mots, cette novella pas encore terminée en fait finalement 30, soit le double de ce que j’avais planifié !! Sauf que le temps imparti est le même! Alors j’écris deux fois plus que prévu sur la période! Et j’y parviens! J’ai écrit 30.000 mots en moins de 20 jours.

Deuxième grippage : je prépare mes vacances de Février (en Laponie!!). Et ça nécessite du temps! Se renseigner, réserver, acheter les éléments manquants (tout ce qui a trait au froid), les billets d’avion… Bref! Mon organisation d’écriture bien rodée est mise à mal par ce deuxième projet avec une échéance identique! Mais je persévère, arrive à jongler entre les deux le soir… Et j’y parviens! Puisque je suis bientôt à la fin de ma novella.

Troisième grippage : et non des moindres. La fin ne veut pas s’écrire ! Il ne reste pourtant plus que trois chapitres. On est au dénouement. Là où le lecteur comprend où je veux en venir. Mais je bloque. Quelque chose manque en amont et empêche la suite de s’écrire avec fluidité. Je n’arrive pas à visualiser les scènes ou alors ça sonne faux. Ca ne grippe plus, ça bloque complètement!

Quatrième grippage : Voulant anticiper les étapes suivantes (réécriture, correction), j’en parle à ma copine autrice / béta-lectrice pour qu’elle lise les premiers chapitres (3/4 de l’histoire). La bonne nouvelle est qu’il y a peu de points à corriger. La mauvaise est qu’elle relève des éléments non bloquants, mais qui me gênent et que j’estime devoir retravailler. Je ne veux pas d’un roman où le lecteur doute sur certains points qui pourront être considérés comme « borderline ». Le pire ne doit pas être une possibilité dans la tête de mon lecteur. Et il va me falloir revoir un certain nombre de choses pour clarifier le texte et éliminer cette « gêne ». Et ça prend du temps…

Cinquième grippage : Ma santé vacille ! La fatigue prend le dessus. Deux semaines que je me couche à 2h du matin minimum (j’écris le soir après le boulot et la gestion des enfants). Mon corps lâche. Fatigue. Cerveau en vrac. Yeux qui piquent…

Et là, je comprends que je dois m’écouter.

Il est temps de tout arrêter.

Dire STOP.

A continuer à puiser dans mes réserves, je vais finir malade (je sens le rhume arriver).

A ignorer ces signaux d’imperfection, j’ai peur de ne pas offrir un beau moment à mes lecteurs.

A aller trop vite, j’ai peur de tout bâcler.

Parfois, il faut savoir reconnaitre quand on va trop vite.

La détermination ne suffit pas toujours.

Il est temps de s’écouter et d’accepter de repousser cette prochaine sortie.

Les idées sont là, le potentiel est là. Je dois juste prendre le temps de retravailler cette novella avec justesse et efficacité. Et je vais le faire.

Même si ce n’est pas pour la Saint-Valentin…

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